À quinze minutes du centre de Cayenne, un sentier discret grimpe sous la canopée jusqu’à un belvédère qui domine l’océan Atlantique et les plages de Remire-Montjoly. Le sentier du Rorota est sans doute la randonnée la plus accessible de l’agglomération : une boucle courte, ombragée, ponctuée d’un lac et de points de vue spectaculaires. C’est la sortie idéale pour une première immersion dans la nature guyanaise, en famille, sans matériel ni guide. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de chausser vos baskets.
Le sentier du Rorota en bref
Le Rorota est un site classé géré localement, situé sur la commune de Remire-Montjoly, à l’est de Cayenne. Le parcours s’organise autour d’un ancien lac de barrage qui alimentait jadis la ville en eau potable. Aujourd’hui, c’est un poumon vert protégé où se croisent promeneurs du dimanche, joggeurs et familles.
Les chiffres clés à retenir :
- Distance : environ 5 km en boucle complète (variantes plus courtes possibles)
- Durée : 1 h 30 à 2 h 30 selon le rythme et les pauses observation
- Dénivelé : modéré, autour de 150 m cumulés
- Niveau : facile à modéré, accessible aux enfants dès 6-7 ans
- Accès : gratuit, parking à l’entrée
- Type : sentier en sous-bois, principalement ombragé
C’est cette combinaison rare — proximité, gratuité, ombre et panorama — qui fait du Rorota une valeur sûre. Beaucoup de visiteurs en font leur premier contact avec la forêt amazonienne avant de s’aventurer vers des sites plus engagés comme la réserve des Nouragues ou les marais de Kaw.

Niveau, durée et organisation de la boucle
Un parcours pour tous les niveaux
Le sentier alterne larges pistes carrossables et portions plus étroites en forêt. Le début de la montée demande un peu de souffle, mais rien d’insurmontable : les familles avec jeunes enfants la franchissent sans difficulté en prenant leur temps. Une fois le plateau atteint, le terrain devient roulant.
Comptez 1 h 30 pour la boucle classique si vous marchez d’un bon pas, et jusqu’à 2 h 30 si vous multipliez les arrêts photo et observation de la faune — ce que je recommande chaudement. Le tracé est bien balisé et il est difficile de se perdre, mais gardez les enfants à vue aux intersections.
Quand partir : tôt le matin
En Guyane, la chaleur et l’humidité grimpent vite. Partez avant 8 h ou en fin d’après-midi (après 16 h) pour profiter de la fraîcheur et maximiser vos chances de voir des animaux. C’est aussi aux heures creuses que la lumière est la plus belle sur le belvédère.
La saison sèche, de mi-juillet à mi-novembre, offre les meilleures conditions : sentier moins boueux, ciel dégagé sur le panorama. En saison des pluies, le chemin reste praticable mais glissant ; des chaussures à bonne accroche deviennent indispensables.
Le clou du spectacle : le belvédère sur les plages
Le point fort du sentier du Rorota, c’est son point de vue sur l’océan et les trois plages de Remire-Montjoly : Montjoly, Gosselin et la pointe Buzaré. Depuis le belvédère, le regard embrasse le cordon littoral, la mer chargée des sédiments de l’Amazone (cette teinte ocre si caractéristique du plateau des Guyanes) et, par temps clair, les îlets au large.
C’est l’endroit parfait pour une pause goûter. Prévoyez de quoi vous hydrater et grignoter : il n’y a pas de buvette sur le site. Le lac, quant à lui, offre un miroir paisible à mi-parcours, souvent survolé par les oiseaux d’eau.
La faune à guetter sur le sentier
Le Rorota est un excellent terrain d’initiation à la biodiversité guyanaise. Sans garantie — la faune sauvage ne se commande pas — voici ce que les marcheurs attentifs peuvent observer :
- Singes : tamarins à mains dorées (le fameux petit singe emblématique de la région) et parfois des sapajous, surtout tôt le matin
- Paresseux : accrochés haut dans les arbres, immobiles, difficiles à repérer mais bien présents
- Iguanes verts : sur les branches au-dessus du lac
- Oiseaux : toucans, tangaras colorés, hérons et martins-pêcheurs près de l’eau
- Papillons morphos : leur bleu métallique fend la pénombre du sous-bois
- Caïmans : discrets, parfois visibles dans le lac (à observer à distance, sans s’approcher du bord)
Conseils d’observation
Pour multiplier vos chances :
- Marchez en silence et faites des pauses régulières
- Levez les yeux vers la canopée : la majorité de la faune est en hauteur
- Emportez des jumelles légères si vous en avez
- Écoutez : on repère souvent les singes au bruit avant de les voir
Rappelez-vous que vous êtes dans un milieu protégé. On ne nourrit pas les animaux, on ne cueille rien, et on remporte ses déchets.
