Quand on séjourne quelques jours à Cayenne et qu’on n’a qu’une demi-journée devant soi, la question revient toujours : où trouver de la vraie forêt guyanaise sans s’enfoncer pendant des heures sur une piste cabossée ? Le camp Caïman est ma première réponse. À moins d’une heure de route de l’agglomération, ce site forestier ouvre l’accès au sentier des Trois Lacs, une boucle douce qui mêle anciens carbets, plans d’eau et canopée vivante. C’est l’un des rares endroits du littoral où l’on touche du doigt l’intérieur du pays sans engagement logistique lourd. Voici comment en profiter pleinement.
Où se situe le camp Caïman ?
Le camp Caïman se trouve sur la commune de Roura, à l’est de Cayenne, le long de la piste qui mène vers le secteur de Kaw. Depuis le centre de Cayenne, comptez environ 45 à 60 minutes de voiture selon votre point de départ. L’itinéraire passe par la RN2 puis bifurque vers Roura avant de rejoindre la piste de Kaw. Les derniers kilomètres se font sur une piste latéritique : praticable en voiture de tourisme par temps sec, plus délicate après de fortes pluies.
Le site était autrefois un camp forestier d’exploitation. Aujourd’hui, il sert de point de départ à une randonnée balisée, avec une zone d’accueil rustique et quelques anciens carbets qui rappellent l’histoire du lieu. On est ici à la lisière entre le littoral habité et l’immensité forestière qui couvre plus de 90 % du territoire guyanais.
Distances utiles depuis l’agglomération
- Cayenne → camp Caïman : environ 50 km, 45 à 60 min
- Rémire-Montjoly → camp Caïman : environ 45 km, 50 min
- Matoury (aéroport Félix-Éboué) → camp Caïman : environ 40 km, 45 min
- Roura bourg → camp Caïman : environ 20 km de piste, 25 à 35 min

Le sentier des Trois Lacs : une boucle accessible
Le sentier des Trois Lacs est l’attrait principal du camp Caïman. Contrairement aux grandes expéditions des Nouragues ou de la haute Approuague, il s’agit d’une boucle courte et roulante, pensée pour une demi-journée. On y croise trois plans d’eau forestiers, vestiges de l’activité humaine passée, aujourd’hui réinvestis par la faune.
Comptez environ 2 à 3 heures de marche pour la boucle complète, à allure tranquille avec des pauses photo. Le dénivelé reste modeste : pas de cols ni de montées éprouvantes, mais un terrain souvent humide, racineux et glissant. C’est une marche facile à modérée, accessible à toute personne en forme habituée à marcher une demi-journée.
Ce que l’on observe en chemin
- Les anciens carbets : structures de bois ouvertes, témoins du camp forestier d’origine, parfaites pour une pause à l’ombre
- Les trois lacs : miroirs d’eau sombre cernés de forêt, propices à l’observation au lever du jour
- La canopée : grands arbres de la forêt primaire, lianes, palmiers wassaï et fromagers imposants
- La faune sonore : singes hurleurs roux au petit matin, toucans, aras qui traversent en couple, et l’incontournable chœur des grenouilles
Je conseille de partir tôt : entre 6h30 et 7h, la lumière est douce, la chaleur supportable et l’activité animale à son maximum. À midi, la forêt se fait plus silencieuse et l’humidité plus pesante.
Quand y aller : météo et saison
La Guyane vit au rythme de deux grandes saisons. La saison sèche, de mi-juillet à mi-novembre, est de loin la meilleure période pour le camp Caïman : la piste reste praticable, les sentiers sont moins boueux et les lacs gardent un beau niveau d’eau. C’est la fenêtre idéale pour cette escapade.
En saison des pluies, la randonnée reste possible mais l’accès en voiture devient incertain sur les derniers kilomètres de latérite, et le sentier se transforme en parcours détrempé. Si vous tentez l’aventure hors saison sèche, renseignez-vous localement sur l’état de la piste avant de partir.
Quelques repères pratiques pour planifier :
- Lever du soleil : autour de 6h15 toute l’année (la Guyane connaît peu de variation, étant proche de l’équateur)
- Décalage horaire : -5h l’hiver et -6h l’été par rapport à Paris
- Climat : chaud et humide en permanence, 26 à 32 °C, fortes averses possibles même en saison sèche
Que mettre dans son sac
Une demi-journée en forêt guyanaise se prépare sérieusement, même pour une boucle courte. Voici ma liste éprouvée sur le terrain :
- Chaussures fermées à bonne accroche : la boue et les racines glissantes sont la règle
- Anti-moustiques puissant (les moustiques et surtout les moustiques-tigres sont actifs) et idéalement vêtements longs légers
- Au moins 1,5 L d’eau par personne : il n’y a pas de point d’eau potable sur place
- Casquette ou chapeau, crème solaire pour les portions ouvertes
- Un en-cas : fruits, barres, de quoi tenir la matinée
- Sac étanche ou pochette pour téléphone et appareil photo en cas d’averse
- Jumelles pour l’observation des oiseaux au bord des lacs
Pensez aussi à votre plein d’essence : il n’y a pas de station-service à proximité du site, et les pistes consomment davantage.
