Quand l’alizé s’installe et que la côte caraïbe somnole au mouillage, c’est l’autre versant de l’île qui s’anime. La façade Atlantique de la Martinique, balayée par un vent régulier et protégée par un chapelet d’îlets et de barrières de corail, est l’un des terrains de glisse les plus sous-estimés des Antilles françaises. Lagons plats, eau à 27-28 °C toute l’année, espace pour naviguer : pour qui pratique le kitesurf en Martinique ou la planche à voile, le Sud-Atlantique est un petit paradis discret.
Après des saisons à monter mon aile sur ces plans d’eau, voici un tour d’horizon honnête des meilleurs spots, des vents à attendre selon les mois et des écoles où apprendre en sécurité, du Vauclin à Cap Chevalier en passant par les îlets du Robert.
Pourquoi l’Atlantique martiniquais est fait pour la glisse
La Martinique est balayée par les alizés, ces vents d’est qui soufflent presque en continu sur la façade atlantique. C’est l’orientation idéale : le vent arrive de la mer (side à side-onshore selon les spots), ce qui sécurise le retour à la plage, et garde une régularité rare. Trois ingrédients font la qualité d’un spot de glisse en Martinique côté est :
- Le vent : 12 à 22 nœuds en moyenne pendant la saison sèche (le Carême), avec des pointes en janvier-février.
- Les lagons plats : derrière les barrières de corail et les îlets, l’eau reste lisse même quand ça souffle. Parfait pour apprendre comme pour le freestyle.
- L’eau chaude : 27 à 28 °C toute l’année. Pas de combinaison, juste un lycra anti-UV.
Rappel utile : la Martinique est un DROM français. Vos diplômes (IKO en kite, FFVoile en planche) sont reconnus, l’euro est la monnaie, l’indicatif est le +596, et le décalage horaire est de -5 h l’hiver, -6 h l’été vs Paris. La voiture est vivement conseillée : les spots sont dispersés et mal desservis par les transports en commun.
Conseil de local : l’alizé se renforce souvent en milieu de matinée et faiblit en fin d’après-midi. Les meilleures sessions se jouent entre 10 h et 16 h.

Le Vauclin : le spot star du kitesurf en Martinique
Si un seul nom doit rester, c’est celui-là. Le Vauclin, à environ 50 minutes de Fort-de-France (45 km) et 40 minutes de l’aéroport Aimé Césaire du Lamentin, est le haut lieu du windsurf et du kitesurf de l’île.
Pointe Faula : le lagon parfait
Le spot mythique, c’est la Pointe Faula : un immense lagon turquoise, peu profond (on a souvent pied loin du bord), protégé par la barrière de corail, avec un vent side-shore régulier. Eau plate, fond de sable, espace dégagé : l’endroit idéal pour débuter le kite ou la planche comme pour progresser.
- Niveau : du grand débutant au confirmé.
- Vent dominant : side à side-onshore, 15 à 20 nœuds en saison.
- Stationnement : gratuit, mais arrivez tôt le week-end.
- Sur place : food trucks, snacks et plusieurs écoles.
Côté planche, le windsurf au Vauclin est une tradition qui précède le kite : la Pointe Faula reste l’un des meilleurs plans d’eau des Petites Antilles pour le slalom et le freestyle.
Cap Chevalier : le spot kite confidentiel de Sainte-Anne
Plus au sud, sur le territoire de Sainte-Anne, Cap Chevalier est l’autre grand nom de la glisse martiniquaise. Le Cap Chevalier kite se pratique sur un lagon superbe, fermé par l’îlet Chevalier et une barrière de corail, dans un cadre plus sauvage que le Vauclin. L’eau cristalline et peu profonde en fait l’un des plus beaux spots de l’île ; les jours sans vent, on rejoint même l’îlet à pied à marée basse pour faire du snorkeling.
- Niveau : intermédiaire à confirmé selon la zone.
- Vent dominant : side-onshore, soutenu en plein Carême.
- Accès : par la route du Cap Chevalier depuis Sainte-Anne, environ 1 h 10 depuis Fort-de-France.
- Vigilance : moins de structures qu’au Vauclin, prévoyez votre matériel et naviguez accompagné si vous découvrez le spot.
Cap Chevalier est aussi le départ de la Trace des Caps, le sentier littoral du Grand Sud : de quoi enchaîner glisse le matin et rando côtière l’après-midi.
Le Robert et ses îlets : eau plate à perte de vue
Plus au nord de la côte Atlantique, la baie du Robert et son chapelet d’îlets (dont l’îlet Chancel et ses iguanes) offrent de vastes plans d’eau abrités. Terrain plus discret, apprécié des riders autonomes en quête d’espace et de flat-water loin de la foule. Le vent y est un peu plus capricieux qu’au Vauclin, la côte se découpant en baies, mais les jours bien orientés on navigue sur une eau d’huile entre les îlets. À réserver aux pratiquants déjà autonomes et bien renseignés sur les zones de navigation.
À connaître également : Le François, voisin du Robert et célèbre pour ses fonds blancs, et la Pointe Marin (Sainte-Anne / Le Marin) pour la planche débutante par vent modéré, dans un cadre protégé côté sud.
