La Martinique cache sous sa surface turquoise l’un des terrains de jeu sous-marins les plus variés des Antilles françaises. En une seule semaine, on peut explorer un cimetière d’épaves chargé d’histoire, longer des tombants couverts de gorgones, croiser tortues vertes et raies pastenagues, puis terminer par une plongée de nuit dans une anse de sable noir. Ici, l’eau oscille entre 26 et 29 °C toute l’année, et la visibilité dépasse souvent 25 mètres pendant la saison sèche.
Après des dizaines d’immersions sur les trois façades de l’île, voici un tour d’horizon honnête des meilleurs spots, zone par zone, avec les niveaux requis, les centres labellisés et le bon moment pour s’immerger.
Quand plonger en Martinique ?
La plongée en Martinique se pratique toute l’année, mais la fenêtre idéale reste le Carême, la saison sèche qui va de décembre à avril. Les pluies se raréfient, la mer se calme, et la visibilité atteint son maximum, surtout sur la côte caraïbe (côte ouest), protégée des alizés.
Quelques repères concrets :
- Température de l’eau : 26 °C en janvier-février, jusqu’à 29 °C en septembre-octobre.
- Combinaison : un shorty 3 mm suffit l’été ; une combinaison intégrale 3/5 mm est plus confortable en hiver.
- Saison humide (juin à novembre) : plongée toujours possible, mais visibilité parfois réduite après les averses, et houle plus marquée sur la côte atlantique.
À noter : la Martinique étant un DROM français, vos brevets (PADI, SSI, FFESSM, CMAS) sont reconnus sans formalité, l’euro est la monnaie, et l’indicatif téléphonique est le +596. Pensez au décalage horaire (-5 h l’hiver, -6 h l’été par rapport à Paris) pour caler vos réservations depuis la métropole.

Côte caraïbe nord : les épaves de Saint-Pierre
C’est le spot mythique de l’île, et probablement le plus émouvant. Le 8 mai 1902, l’éruption de la Montagne Pelée raya Saint-Pierre de la carte en quelques minutes et envoya par le fond une douzaine de navires alors à l’ancre dans la baie. Aujourd’hui classée, cette ville-musée à ciel ouvert se prolonge sous l’eau par un cimetière marin unique aux Antilles.
Les épaves incontournables
- Le Roraima : cargo de 100 m posé entre 35 et 55 m, le clou du spectacle. Réservé aux plongeurs confirmés.
- Le Tamaya : trois-mâts entre 35 et 90 m, structure recouverte d’éponges et de coraux.
- Le Dahlia et La Gabrielle : plus accessibles, entre 18 et 40 m, parfaits pour une première épave.
Niveau requis : la plupart des épaves de Saint-Pierre dépassent 30 m, donc un Niveau 2 (CMAS) / Advanced (PADI) est nécessaire pour en profiter pleinement. Les débutants peuvent toutefois plonger sur les hauts-fonds et certaines épaves peu profondes.
Accès : Saint-Pierre se situe à environ 35 km au nord de Fort-de-France, soit 45 minutes de route par la côte. Plusieurs centres labellisés FFESSM et SSI opèrent depuis le port.
Côte caraïbe sud : Cap Salomon et la presqu’île des Trois-Îlets
Plus douce, plus ensoleillée, la zone des Anses-d’Arlet et des Trois-Îlets concentre les sites parfaits pour les baptêmes et les plongées de niveau intermédiaire.
Cap Salomon
Située à la pointe sud de la baie de Fort-de-France, cette réserve est l’un des plus beaux tombants de l’île. On y descend le long d’un mur tapissé de gorgones et d’éponges-barriques, entre 6 et 30 m, avec d’excellentes chances de croiser tortues, barracudas et bancs de poissons-trompettes.
- Niveau requis : accessible dès le baptême sur la partie haute ; Niveau 1 recommandé pour le tombant.
- Bonus : la Statue de la Vierge du Diamant, immergée à proximité, est un site photogénique très prisé.
Anse Dufour et Anse Noire
Ces deux anses jumelles, séparées par une simple crête rocheuse, valent autant en snorkeling qu’en plongée bouteille. L’Anse Noire, avec son sable noir volcanique, abrite régulièrement des tortues vertes venues brouter les herbiers à quelques mètres du bord. Idéal pour une sortie en famille ou une première mise à l’eau.
Le sud : îlet à Ramiers et la baie du Diamant
Au large des Trois-Îlets et du Diamant, le sud offre des plongées plus sauvages, ponctuées de tombants et de sites rocheux exposés.
Îlet à Ramiers
Ce petit îlot fortifié au large de la pointe du Bout protège des fonds rocheux entre 10 et 25 m, riches en langoustes, murènes et poissons-coffres. Le site, abrité du courant, convient bien aux plongeurs Niveau 1 souhaitant gagner en autonomie.
Le Rocher du Diamant
Pour les confirmés, ce piton volcanique iconique qui jaillit de la mer face au Diamant est une plongée d’exception : tombants vertigineux, grottes, et fréquents passages de raies et de tortues. Les courants peuvent être soutenus : Niveau 2 minimum et bonne condition physique exigés.
