La réglementation location courte durée Guadeloupe a beaucoup bougé en deux ans, et la confusion est réelle des deux côtés du comptoir : voyageurs qui ne savent plus si leur Airbnb est en règle, propriétaires qui se demandent combien de nuits ils ont encore le droit de louer. Nous sommes dans un DROM français : c’est le droit national qui s’applique, loi Le Meur comprise, mais son application varie d’une commune à l’autre de l’archipel en forme de papillon. Chez Hostel Toucan, conciergerie locale, voici l’état du droit en 2026 traduit en langage clair.
Le cadre national qui s’applique en DOM
La Guadeloupe applique le Code du tourisme comme l’Hexagone. Trois piliers structurent toute la location courte durée, que le bien soit à Deshaies, au Gosier ou à Marie-Galante :
- La déclaration en mairie : tout meublé de tourisme — loué à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile — doit être déclaré auprès de la commune. C’est gratuit et systématique.
- Le numéro d’enregistrement à 13 caractères : dans les communes ayant activé la procédure, la déclaration débouche sur un numéro à afficher sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, Abritel). Il commence par le code INSEE : 97128 pour Sainte-Anne, 97125 pour Saint-François, 97113 pour Le Gosier.
- La taxe de séjour : collectée par le loueur ou la plateforme et reversée à la commune. Comptez de 0,80 € à 2,30 € par nuit et par adulte selon le classement.
Jusque-là, rien de spécifiquement antillais. Ce qui change depuis 2024, c’est le durcissement national porté par la loi Le Meur, qui rebat les cartes du quota de nuitées et du changement d’usage — et touche la Guadeloupe de plein fouet.

Loi Le Meur DOM : ce qui a changé pour la location courte durée
La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, renforce les outils de régulation des meublés et s’applique en outre-mer comme en métropole. Trois évolutions concrètes méritent votre attention.
Le quota de nuitées Airbnb Guadeloupe pour la résidence principale
C’est la règle la plus connue, et la plus mal comprise. Elle ne concerne que la résidence principale, le logement où vous vivez au moins huit mois par an :
- Le plafond national reste de 120 nuits par an par défaut.
- Mais les communes peuvent désormais abaisser ce plafond jusqu’à 90 nuits par délibération.
- Au-delà du quota, louer en courte durée devient une infraction passible d’amende.
À l’inverse, une résidence secondaire — cas extrêmement fréquent en Guadeloupe, où beaucoup de biens balnéaires appartiennent à des propriétaires de l’Hexagone — n’est soumise à aucun quota de nuitées et peut être louée toute l’année, à condition d’être déclarée et, selon la commune, d’avoir obtenu son changement d’usage. Nuance capitale : si vous louez une villa à Saint-François à un propriétaire qui n’y habite pas, la limite des 120 nuits ne s’applique pas à votre séjour.
L’autorisation de changement d’usage étendue
Avant, le changement d’usage — transformer un logement d’habitation en meublé touristique à l’année — ne s’imposait que dans les grandes agglomérations. La loi Le Meur élargit la faculté pour toutes les communes d’instaurer cette procédure. En Guadeloupe, cela vise les zones denses comme Pointe-à-Pitre et Le Gosier, où le marché locatif résidentiel est sous pression. Dans une commune qui a délibéré :
- Le propriétaire d’une résidence secondaire doit obtenir une autorisation de changement d’usage avant de louer en courte durée à l’année.
- Elle peut être assortie d’une compensation (remettre une surface équivalente sur le marché de l’habitation classique) dans les communes les plus tendues.
- Le règlement de copropriété peut, en parallèle, interdire purement et simplement la location courte durée.
Le DPE devient une condition
Autre nouveauté progressive : les meublés soumis à autorisation doivent désormais respecter un diagnostic de performance énergétique minimal, avec une montée en exigence d’ici 2034. En Guadeloupe, un DPE coûte ici 200 à 350 € — diagnostiqueurs rares, délais à anticiper.
Comment ça se traduit commune par commune
L’archipel n’applique pas la règle de façon uniforme. Côté Grande-Terre balnéaire, le cœur de l’offre :
- Le Gosier : commune dense à 10 minutes de Pointe-à-Pitre, la plus susceptible d’exiger un changement d’usage et où les règlements de copropriété se posent réellement.
- Sainte-Anne : la plus touristique (plages de la Caravelle et de Bois Jolan), registre des meublés et taxe de séjour bien structurés ; offre abondante et majoritairement en règle.
- Saint-François : marina, golf, départs vers La Désirade et Petite-Terre ; la mairie suit de près les meublés.
Côté Basse-Terre, près de la Réserve Cousteau, l’offre est faite de bungalows et de villas créoles souvent tenus par des locaux : la déclaration reste obligatoire, mais l’enregistrement numéroté et le changement d’usage y sont bien moins systématiques. Pour préparer votre séjour bassin par bassin, notre guide complet de la Guadeloupe détaille chaque commune, de Deshaies à la Pointe des Châteaux.
