Sainte-Anne, c’est la pointe sud de la Martinique, le bourg de carte postale et surtout la porte d’entrée des Salines, sans doute la plus belle plage de l’île. Mais entre deux baignades, une question revient toujours : où manger vraiment bien, sans tomber dans le piège à touristes ? En tant que résident qui sillonne le Sud depuis des années, voici mon guide honnête des meilleures adresses créoles de Sainte-Anne, des lolos de plage aux tables du bourg, avec les prix et les distances réels.
Pourquoi Sainte-Anne est la capitale gourmande du Sud
Commune de l’extrême sud martiniquais, à environ 1h de route de l’aéroport Aimé Césaire (Le Lamentin) et 45 min des Trois-Îlets, Sainte-Anne vit au rythme de la mer et du soleil. On y parle français et créole, on y paie en euros (DROM français oblige), et la saison sèche, le Carême, de décembre à avril, reste la meilleure période pour profiter des terrasses sans averse.
La cuisine locale ici n’a rien d’anecdotique : poissons pêchés le matin même, langoustes des casiers du coin, accras croustillants, colombo de cabri mijoté longuement, fricassée de chatrou (poulpe) et le fameux blaff de poisson. Un bon restaurant à Sainte-Anne en Martinique se reconnaît à trois signes : un menu court, des produits de saison et une file de locaux à midi.

Les lolos de plage : l’âme créole face à la mer
Le « lolo » est cette institution antillaise : une paillote simple, souvent les pieds dans le sable, où l’on grille le poisson au feu de bois et où l’addition reste douce. Aux Salines et le long de la route qui y mène, c’est l’expérience la plus authentique.
Ce qu’on y mange et à quel prix
- Poisson grillé (dorade, vivaneau, thon) accompagné de riz, lentilles et bananes plantain : 14 à 18 € le plat.
- Brochettes de poulet boucané ou de chatrou : 10 à 14 €.
- Accras de morue en entrée à partager : 6 à 8 € la douzaine.
- Ti-punch maison au rhum agricole AOC : 4 à 5 €.
Mon conseil de local : arrivez avant 12h30 le week-end, car les lolos des Salines affichent vite complet. Apportez du liquide, certaines paillotes ne prennent pas la carte. Et goûtez le planteur maison avec modération, il est plus traître qu’il n’en a l’air sous le soleil.
Lolos vs restaurants assis
Si vous cherchez le service à table, la nappe et la carte des vins, visez plutôt le bourg. Si vous voulez l’ambiance pieds nus, le bruit des vagues et le poisson fumant sorti du grill, restez sur la plage. Beaucoup de mes clients alternent : lolo le midi après la baignade, vraie table le soir au bourg.
Bien manger créole dans le bourg de Sainte-Anne
Le centre de Sainte-Anne, autour de l’église et de la place, concentre les tables plus structurées. On y trouve une cuisine créole soignée, parfois revisitée, avec terrasses ombragées et vue sur la baie.
Les classiques à commander
- Colombo de cabri ou de poulet : le plat signature, mijoté au massalé, entre 16 et 22 €.
- Fricassée de chatrou (poulpe) au lait de coco : tendre quand c’est bien fait, 18 à 24 €.
- Court-bouillon de poisson ou blaff : bouillon citronné et pimenté, 17 à 21 €.
- Langouste grillée (souvent au poids) : comptez 40 à 60 € selon la taille, à réserver la veille.
- En dessert, le blanc-manger coco ou la tarte à la banane, autour de 6 à 8 €.
Comptez un budget moyen de 25 à 35 € par personne pour une entrée-plat avec une boisson dans une table du bourg, hors langouste. Réservez le soir en haute saison (février-mars, période de carnaval comprise) : les terrasses face mer partent vite.
Repérer une vraie table créole
Un bon repère : la carte change selon l’arrivage. Si l’on vous propose vingt plats toute l’année, méfiance. Les meilleures adresses annoncent « selon pêche » et affichent fièrement leur rhum arrangé maison. Demandez toujours le piment à part : la cuisine créole est parfumée, pas forcément brûlante, et les chefs dosent volontiers pour les habitués.
Le marché du bourg : pour cuisiner soi-même
Si vous logez en location avec cuisine, le marché et les étals de Sainte-Anne sont une mine. On y trouve fruits de la passion, mangues, christophines, ignames, mais aussi épices à colombo, bois d’Inde et rhums agricoles des distilleries de l’île (La Mauny et Trois-Rivières sont les plus proches du Sud).
Mes achats malins pour un dîner maison réussi :
- Un mélange à colombo frais et du lait de coco : la base d’un plat pour quatre à moins de 10 €.
- Du poisson frais directement auprès des pêcheurs en fin de matinée.
- Des bananes plantain et de la patate douce pour l’accompagnement.
- Un rhum agricole AOC pour le ti-punch du soir, souvenir parfait à rapporter.
Cuisiner créole soi-même, c’est aussi une façon de prolonger le voyage et de maîtriser son budget sur un séjour d’une semaine.
