Vous louez un appartement au Gosier, une villa à Saint-François ou un bungalow à Deshaies sur Airbnb ou Booking ? Alors le numéro d’enregistrement de meublé de tourisme en Guadeloupe vous concerne directement. Depuis le durcissement national de la réglementation des locations de courte durée, toutes les communes de l’archipel basculent progressivement vers l’enregistrement obligatoire, et les plateformes bloquent désormais les annonces sans numéro dans les communes qui l’exigent. Installés en Guadeloupe et gérant des dizaines de meublés entre Sainte-Anne, Le Gosier et la côte sous-le-vent, nous accompagnons chaque semaine des propriétaires dans ces démarches. Voici le guide complet, commune par commune, pour obtenir votre numéro à 13 caractères sans stress.
Qu’est-ce que le numéro d’enregistrement et qui est concerné en Guadeloupe ?
Le numéro d’enregistrement est un identifiant unique de 13 caractères alphanumériques délivré par la commune où se situe votre logement. Il commence par le code INSEE de la commune (par exemple 97128 pour Sainte-Anne, 97113 pour Le Gosier) et atteste que votre meublé de tourisme a bien été déclaré.
Concrètement, sont concernés en Guadeloupe :
- Les résidences secondaires louées en courte durée : studio au Moule, villa à Saint-François, F2 à Bouillante, sans limite de nuitées mais avec déclaration obligatoire.
- Les résidences principales louées ponctuellement : plafond de 120 nuitées par an (que la commune peut abaisser jusqu’à 90 nuitées depuis la loi de novembre 2024).
- Les propriétaires non-résidents : si vous vivez en métropole et louez un bien à Pointe-à-Pitre, les obligations du loueur sont identiques, le décalage de -5h en hiver (-6h en été) ne vous exonère de rien.
Ne sont pas concernés : les chambres d’hôtes (régime distinct) et la location longue durée nue ou meublée à l’année.
À noter : la loi du 19 novembre 2024 (dite loi Le Meur) généralise l’enregistrement à toutes les communes de France, DROM inclus, via un téléservice national. La bascule est en cours en 2026 : même si votre commune guadeloupéenne ne l’exigeait pas hier, anticipez dès maintenant.

Déclaration meublé en Guadeloupe : la démarche en mairie pas à pas
Étape 1 : identifier le régime de votre commune
Toutes les communes de l’archipel n’avancent pas au même rythme. D’après notre expérience de terrain :
- Le Gosier, Sainte-Anne, Saint-François : les trois communes balnéaires du sud Grande-Terre concentrent l’essentiel du parc locatif touristique (lagon de la Caravelle, marina, plages). Ce sont elles qui structurent le plus vite leurs téléservices d’enregistrement.
- Deshaies, Bouillante : côte sous-le-vent de Basse-Terre, très demandée pour la plage de Grande Anse et la Réserve Cousteau. La déclaration s’y fait encore souvent par formulaire Cerfa déposé en mairie.
- Pointe-à-Pitre, Les Abymes : zone urbaine dense près de l’aéroport Pôle Caraïbes, où la question du changement d’usage peut se poser pour les logements transformés en location touristique permanente.
Un appel au service urbanisme ou tourisme de la mairie (indicatif +590) suffit généralement à connaître le régime applicable. Comptez 5 à 10 minutes d’attente, appelez le matin entre 7h30 et 12h, heure locale.
Étape 2 : téléservice meublé de tourisme ou Cerfa papier ?
Deux voies coexistent en 2026 :
- Le téléservice : déclaration en ligne, gratuite, avec délivrance du numéro immédiate ou sous 48 à 72 heures. C’est la voie qui devient la norme avec le téléservice national prévu par la loi de 2024. Préparez : adresse exacte, références cadastrales, surface, nombre de pièces et de couchages, périodes de location envisagées.
- Le formulaire Cerfa n°14004 : déclaration papier de meublé de tourisme, à déposer ou envoyer en recommandé à la mairie, qui vous remet un récépissé. Dans les communes sans enregistrement actif, ce récépissé tient lieu de preuve de déclaration en attendant la bascule vers le numéro à 13 caractères.
Notre conseil de gestionnaire local : faites les deux démarches en parallèle si la commune est en transition. Le coût est nul, et vous êtes couvert quel que soit le régime opposable le jour d’un contrôle.
Étape 3 : afficher le numéro sur toutes vos annonces
Une fois le numéro obtenu, il doit figurer sur chaque annonce en ligne : Airbnb, Booking, Abritel, mais aussi votre site de réservation directe. Les plateformes disposent d’un champ dédié et suppriment les annonces non conformes dans les communes à enregistrement. Vérifiez aussi la cohérence de l’adresse : un numéro délivré pour un studio à Sainte-Anne ne couvre pas votre second bien au Moule, chaque logement a son propre numéro.
Sanctions : ce que risque un loueur non déclaré en Guadeloupe
Le cadre issu de la loi de novembre 2024 a sérieusement alourdi la note :
- Absence de déclaration ou de numéro : amende civile pouvant atteindre 10 000 € par logement.
- Fausse déclaration ou usage d’un faux numéro : jusqu’à 20 000 €.
- Dépassement des 120 nuitées en résidence principale : jusqu’à 15 000 €, les plateformes transmettant désormais les décomptes de nuitées aux communes.
- Non-transmission du décompte de nuitées à la mairie sur demande : 10 000 €.
S’ajoutent les rappels de taxe de séjour non collectée (de 1 % à 5 % du prix de la nuitée selon le classement, votée par chaque commune ou communauté d’agglomération) et un risque de redressement fiscal si l’activité n’a pas été déclarée au greffe pour obtenir un SIRET. En zone touristique tendue comme le sud Grande-Terre, les communes ont un intérêt financier direct à contrôler : ne jouez pas avec ce risque pour économiser une demi-journée de démarches.
