Au sud de la Basse-Terre, à quelques minutes de l’embarcadère pour Les Saintes, se cache l’un des sites les plus émouvants de l’archipel : un jardin de pierres volcaniques couvertes de dessins gravés il y a plus de mille ans. Les roches gravées de Guadeloupe, regroupées dans le parc archéologique de Trois-Rivières, sont la trace la plus tangible des peuples amérindiens qui vivaient ici bien avant l’arrivée des Européens. Sur place, on marche au ralenti, on cherche du regard les visages stylisés dans la roche, et on comprend soudain que cette île au papillon a une mémoire très profonde. Voici comment visiter ce lieu, comment lire ses pétroglyphes, et comment l’enchaîner intelligemment avec une traversée vers Terre-de-Haut.
Pourquoi le parc des Roches Gravées vaut le détour
La Guadeloupe est souvent résumée à ses plages turquoise de Grande-Terre et à son volcan, la Soufrière (1 467 m), côté Basse-Terre. Mais entre les deux ailes du papillon vit un patrimoine plus discret, celui des Arawaks et des Kalinagos qui ont occupé l’archipel pendant des siècles. À Trois-Rivières, sur la côte sud-ouest de la Basse-Terre, le parc archéologique des Roches Gravées rassemble la plus belle concentration de pétroglyphes de l’île.
Ce que l’on vient chercher ici :
- Des dizaines de blocs de roche volcanique sculptés de motifs anthropomorphes (visages, silhouettes) et géométriques.
- Un jardin botanique tropical qui sert d’écrin, avec espèces endémiques et plantes médicinales créoles.
- Une lecture vivante de l’histoire pré-colombienne, loin des clichés balnéaires.
- Une étape parfaitement située avant le ferry pour Les Saintes, dont l’embarcadère est à deux pas.
C’est un site TOFU par excellence : idéal pour une première découverte culturelle de la Guadeloupe, accessible aux familles, court mais marquant.

Qui a gravé ces pierres, et qu’est-ce qu’elles racontent
Les gravures de Trois-Rivières sont attribuées aux populations amérindiennes installées dans les Petites Antilles, principalement entre le IIIe et le Xe siècle de notre ère. On parle d’art précolombien : ces communautés agricoles et de pêcheurs gravaient la roche volcanique tendre à l’aide d’outils en pierre plus dure, par percussion et abrasion.
Comment lire un pétroglyphe
Sur place, sans guide, on passe vite à côté de l’essentiel. Quelques clés de lecture utiles :
- Les visages : la majorité des motifs représentent des figures humaines très stylisées, souvent réduites à deux yeux ronds et une bouche. Certains chercheurs y voient des ancêtres, des esprits ou des divinités.
- Les spirales et cercles concentriques : interprétés comme des symboles liés au soleil, à l’eau ou au cycle de la vie.
- L’orientation : beaucoup de gravures se situent près de l’eau (rivières, sources), ce qui suggère une dimension rituelle liée à des lieux de passage.
- La superposition : certaines roches ont été retravaillées sur plusieurs générations, comme un palimpseste de pierre.
Aucune interprétation n’est définitive, et c’est précisément ce qui rend la visite captivante : face à chaque bloc, on devient un peu archéologue. Prenez le temps de contourner les pierres, car la lumière rasante du matin ou de fin d’après-midi révèle des tracés invisibles en plein soleil.
Le jardin qui entoure les gravures
Le parc n’est pas qu’un site archéologique, c’est aussi un véritable jardin tropical. En suivant le sentier ombragé, vous croiserez des arbres à pain, des bananiers, des plantes à parfum et des espèces médicinales utilisées dans la pharmacopée créole. Des panneaux expliquent les usages traditionnels. C’est une parenthèse fraîche et verdoyante, agréable même en pleine saison sèche.
Infos pratiques pour visiter les Roches Gravées
Voici les repères concrets pour organiser votre venue. Vérifiez toujours les horaires en cours avant de partir, car ils évoluent selon la saison.
- Où : parc archéologique des Roches Gravées, commune de Trois-Rivières, sud de la Basse-Terre.
- Durée de visite : comptez 45 min à 1 h pour le circuit complet (gravures + jardin).
- Tarif indicatif : environ 3 à 5 € par adulte, gratuit ou réduit pour les enfants. Petit budget, grand contenu.
- Horaires : généralement ouvert en matinée et l’après-midi ; visez l’ouverture pour la lumière et la fraîcheur.
- Niveau : sentier facile, en partie ombragé, accessible aux familles. Chaussures fermées conseillées.
- À prévoir : eau, chapeau, anti-moustiques (le couvert végétal en attire), et un appareil photo.
Comment s’y rendre
Depuis l’aéroport Pôle Caraïbes de Pointe-à-Pitre, comptez environ 1 h à 1 h 15 de route (environ 60 km) jusqu’à Trois-Rivières en passant par la côte sous le vent ou par la route de la Traversée. Depuis les communes balnéaires de Grande-Terre comme Sainte-Anne ou Le Gosier, prévoyez plutôt 1 h 15 à 1 h 30. La voiture de location reste le moyen le plus pratique : l’archipel se découvre au volant, et Trois-Rivières est un peu à l’écart des grands axes touristiques.
Quand venir
La saison sèche, de décembre à avril, est la période idéale : moins de pluie, sentiers secs, lumière nette sur les gravures. La Guadeloupe étant un DROM français à l’heure de l’euro, du français et du créole, pensez aussi au décalage horaire (-5 h en hiver, -6 h en été par rapport à Paris) si vous coordonnez des appels. Indicatif téléphonique : +590.
