La plage de Cluny à Sainte-Rose est l’une de ces adresses que les habitués de Basse-Terre gardent volontiers pour eux. Coincée entre deux avancées rocheuses sur la côte nord de l’aile volcanique de la Guadeloupe, cette petite crique de sable mêlé, blond et sombre à la fois, n’a ni paillote, ni parking goudronné, ni transats. On y descend par un sentier court, on pose sa serviette à l’ombre des raisiniers, et on observe la mer avant de se baigner, car ici c’est l’Atlantique nord qui commande. Après plusieurs saisons passées à écumer le littoral entre Deshaies et Sainte-Rose pour nos voyageurs, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter de Cluny dans les meilleures conditions.
Où se trouve la plage de Cluny à Sainte-Rose ?
Cluny se situe sur la commune de Sainte-Rose, à l’extrême nord de Basse-Terre, tout près de la limite avec Deshaies. La crique s’ouvre au pied de la route nationale 2, qui relie le bourg de Sainte-Rose à Grande Anse de Deshaies.
Quelques repères de distance :
- Bourg de Sainte-Rose : environ 7 km, soit 10 à 12 minutes de voiture
- Grande Anse (Deshaies) : environ 9 km, soit 15 minutes par la N2
- Pointe-à-Pitre et l’aéroport Pôle Caraïbes : environ 35 km, comptez 40 à 50 minutes selon le trafic du matin
- Sainte-Anne (Grande-Terre) : environ 55 km, soit 1 h 10 de route
Ce positionnement fait de Cluny une étape idéale sur la « route des plages » du nord Basse-Terre, entre les Amandiers à Sainte-Rose et les grandes plages de Deshaies. Depuis Grande-Terre, c’est une belle excursion à la journée.
Le sentier de Cluny : un accès court mais à connaître
Pas de panneau clinquant ici : le sentier de Cluny démarre discrètement en contrebas de la N2, au niveau d’un dégagement en terre où quelques voitures se garent (stationnement gratuit, une dizaine de places). De là, un chemin de terre et de racines descend vers la mer en 5 minutes environ, sur 250 à 300 mètres.
Mes conseils de terrain :
- Chaussez des sandales fermées ou des baskets : après une averse, la terre argileuse devient glissante.
- Voyagez léger : glacière souple plutôt que rigide, le passage est étroit par endroits.
- Ne laissez rien de visible dans la voiture, comme partout sur les spots isolés de l’île.
- Évitez la descente à la frontale : la plage n’est pas éclairée et le sentier n’est pas sécurisé de nuit.
Ce petit effort d’accès est exactement ce qui préserve la crique : les groupes en quête de confort filent vers Grande Anse, et Cluny reste calme même en pleine saison sèche, de décembre à avril.

Une crique sauvage entre falaises et sable mêlé
Une fois en bas, le décor surprend ceux qui n’imaginent la Guadeloupe qu’en carte postale turquoise. La crique de Sainte-Rose s’étire sur 200 mètres à peine, encadrée par des falaises basses couvertes de végétation, avec en toile de fond les reliefs verts du massif nord de Basse-Terre.
Le sable raconte la géologie de l’île. Contrairement aux plages calcaires de Grande-Terre, on est ici sur une plage de sable mêlé typique du nord volcanique : grains blonds d’origine corallienne mélangés à des particules sombres descendues des reliefs. Selon la houle et la saison, la plage paraît tantôt dorée, tantôt presque grise, à mi-chemin entre les plages claires de Deshaies et les vraies plages de sable noir du sud, vers Bouillante. Ce dégradé changeant fait tout le charme photographique du lieu, surtout en fin de journée.
Côté ambiance, attendez-vous à :
- Une fréquentation très locale : familles de Sainte-Rose le week-end, pêcheurs au lever du jour
- Zéro service sur place : pas de douche, pas de sanitaires, pas de vente ambulante
- De l’ombre naturelle : raisiniers bord de mer et amandiers-pays en arrière-plage
- Des pontes de tortues marines en saison : gardez vos distances des nids balisés et n’éclairez jamais la plage la nuit
Baignade à Cluny : apprendre à lire la mer du nord
C’est LE point sur lequel j’insiste auprès de tous nos voyageurs : à Cluny, la baignade dépend entièrement de l’état de la mer. La crique est exposée au nord, donc directement concernée par les houles atlantiques qui touchent la Guadeloupe surtout entre novembre et mars.
Concrètement, deux visages très différents :
- Mer calme (souvent d’avril à octobre) : eau claire, pente douce, baignade familiale agréable. Masque et tuba permettent d’observer quelques poissons le long des roches latérales, sans rivaliser avec la Réserve Cousteau de Malendure.
- Houle de nord (fréquente en hiver) : rouleaux puissants, courants de retour le long des pointes rocheuses, eau brassée. On profite alors du paysage depuis la serviette, point final.
Mes règles simples avant d’entrer dans l’eau :
- Observez la mer pendant 10 bonnes minutes : les séries de grosses vagues arrivent par cycles.
- Si les vagues déferlent en travers de toute la baie, renoncez : il n’y a aucun poste de secours ici.
- Ne laissez jamais des enfants seuls au bord, même par mer apparemment calme.
- En cas de doute, repliez-vous sur la plage des Amandiers ou sur Grande Anse à Deshaies.
Consultez la veille les prévisions de houle de Météo-France Guadeloupe : c’est le réflexe qui change tout sur cette façade nord.
