Deux semaines en Guyane, c’est le temps idéal pour ne pas survoler ce département-monde. Avec quinze jours devant vous, vous pouvez prendre le pouls de Cayenne, assister à un tir de fusée, dormir face aux marais de Kaw, puis remonter le fleuve Maroni en pirogue jusqu’aux villages bushinenge et amérindiens. Voici l’itinéraire que je conseille aux voyageurs qui veulent vraiment comprendre la Guyane, testé et affiné au fil des saisons.
Avant de partir : ce qu’il faut savoir
La Guyane est un département français d’outre-mer (DROM) : on y paie en euros, on parle français (mais aussi créole, bushinenge et langues amérindiennes), et l’indicatif est le +594. Le décalage horaire avec Paris est de -4h en hiver et -5h en été. L’aéroport d’arrivée est Félix-Éboué, à Matoury, à 15 minutes de Cayenne.
Quelques essentiels :
- Vaccin contre la fièvre jaune obligatoire pour entrer sur le territoire. Faites-le au moins 10 jours avant le départ.
- La voiture est indispensable. Il n’existe quasiment pas de transports en commun entre les communes. Comptez 35 à 55 € par jour pour une location, à réserver tôt en haute saison.
- La meilleure période s’étend de juillet à fin novembre, la saison sèche. C’est aussi la saison des tirs spatiaux et des pistes praticables.
Pour préparer votre séjour dans le détail, notre guide complet de la Guyane rassemble les démarches, le budget et les bonnes adresses.

Jours 1 à 4 : Cayenne et la presqu’île, l’immersion littorale
S’imprégner de Cayenne
Posez vos valises dans le centre et laissez-vous porter. Le marché de Cayenne, le mercredi, vendredi et samedi matin, est une entrée en matière sensorielle : soupes pho hmong, bouquets de piments, paniers tressés wayana, fruits que vous ne connaissez pas encore. Flânez ensuite sur la place des Palmistes, bordée de palmiers royaux, puis dans les rues aux maisons créoles colorées du vieux Cayenne.
Plages et nature à Rémire-Montjoly
À 15 minutes, Rémire-Montjoly aligne les plus belles plages urbaines : Montabo, les Salines, le Mahury. Le sentier du Rorota (boucle de 4 km, environ 1h30) offre une première vraie immersion en forêt avec vue sur les îlets. De juin à août, les tortues vertes et luth viennent pondre sur ces plages la nuit : un spectacle gratuit et bouleversant, à observer dans le respect des consignes. Pour ces premiers jours, les studios climatisés répartis autour de la piscine de la Résidence Francis, quartier Montabo à Cayenne laissent les plages et le sentier du Rorota à quelques minutes de voiture.
Consacrez le jour 4 à une excursion à Cacao, à une heure de route dans les terres. Ce village fondé par la communauté hmong dans les années 1970 tient un marché le dimanche matin : soupes, beignets, broderies et le musée des insectes Le Planeur Bleu.
Jours 5 à 7 : Kourou, le spatial et les îles du Salut
Le Centre Spatial Guyanais
Direction Kourou, à 1h de Cayenne (60 km). Le Centre Spatial Guyanais propose des visites guidées gratuites (sur réservation, pièce d’identité obligatoire) qui mènent au cœur des installations d’Ariane 6 et Vega-C. Si un tir est programmé pendant votre séjour, ne le ratez sous aucun prétexte : assister au décollage d’une fusée, c’est l’un des souvenirs les plus marquants d’un voyage en Guyane. Les dates se confirment quelques semaines à l’avance, surveillez le calendrier.
Les îles du Salut
Au large de Kourou, l’archipel des îles du Salut (Royale, Saint-Joseph, Île du Diable) raconte l’histoire du bagne. La traversée en catamaran prend environ 1h ; comptez 50 à 70 € l’aller-retour. Prévoyez la journée, voire une nuit sur place pour profiter de l’île Royale au calme une fois les excursionnistes repartis : agoutis, cocotiers, ruines envahies par la jungle et eaux turquoise.
Jours 8 à 10 : les savanes et marais de Kaw
Cap au sud-est, vers Roura et le célèbre marais de Kaw, l’une des plus grandes zones humides d’Amérique du Sud. Comptez environ 1h30 de route depuis Cayenne jusqu’à l’embarcadère.
Le clou du séjour : une sortie nocturne en pirogue à la recherche des caïmans noirs, dont les yeux rouges s’allument sous le faisceau des lampes. Au lever du jour, le marais s’éveille : ibis rouges, hoazins huppés, jacanas et, avec un peu de chance, le lamantin. Plusieurs carbets flottants permettent de dormir sur l’eau (nuit en hamac avec repas autour de 80 à 120 € par personne). Si la nuit en hamac ne vous tente pas, la sortie se fait aussi dans la journée : on rentre alors dormir à Cayenne, où l’appartement climatisé Sweet Dreams et son accès piscine permettent de rincer la boue du marais avant la suite du programme.
Si votre budget et votre forme le permettent, ajoutez une parenthèse vers la réserve des Nouragues, joyau de forêt primaire accessible uniquement par les airs ou en expédition encadrée. À défaut, les sentiers autour de Roura offrent déjà une belle dose de forêt tropicale.
