On me pose la question chaque semaine sur WhatsApp : « C’est quand, la meilleure saison en Guadeloupe pour la nature ? » Ma réponse d’habitant agace toujours un peu : ça dépend de ce que vous venez chercher. La meilleure saison Guadeloupe nature n’est pas la même pour gravir la Soufrière au sec, voir les chutes du Carbet à pleine puissance ou plonger dans la réserve Cousteau avec 30 mètres de visibilité. L’archipel papillon vit au rythme de deux saisons — le carême (sec, décembre à avril) et l’hivernage (humide, juin à novembre) — et chacune a ses fenêtres en or. Voici le calendrier que je donne à nos voyageurs, mois par mois.
Comprendre le careme en Guadeloupe : la saison reine des randonnees
Le carême guadeloupéen court de décembre à avril. Les alizés soufflent régulièrement, l’humidité chute, et les sentiers de Basse-Terre — souvent boueux le reste de l’année — deviennent praticables sans patauger.
Pourquoi le careme change tout sur les sentiers
- La Soufrière (1 467 m) : entre janvier et avril, vos chances d’un sommet hors nuage grimpent nettement. Comptez 2 h 30 à 3 h 30 aller-retour depuis Bains Jaunes, départ avant 7 h — après 10 h, le « vieux volcan » se coiffe presque toujours.
- La trace des Crêtes ou le Morne Léger : sols secs, passages racineux moins glissants, panoramas dégagés sur la Côte-sous-le-Vent.
- Températures : 24 à 29 °C en plaine, autour de 15 °C au sommet de la Soufrière au lever du jour. Prenez une polaire, on me remercie à chaque fois.
Revers de la médaille : c’est la haute saison. Les billets Paris–Pointe-à-Pitre (aéroport Pôle Caraïbes) montent à 800–1 100 € l’aller-retour entre mi-décembre et début mars, contre 450–600 € en juin ou octobre. Si vous visez février, réservez votre location en Guadeloupe quatre à six mois à l’avance.
Plages et carême : le combo évident
De décembre à avril, la mer est généralement calme côté Caraïbe et les plages de Grande-Terre — la Caravelle à Sainte-Anne, le lagon de Saint-François — offrent leurs eaux turquoise quasi sans sargasses. Grande Anse à Deshaies, ma préférée au coucher du soleil, connaît parfois une houle de nord entre décembre et février : surveillez les drapeaux, le shore break y est sérieux ces jours-là.

Saison des pluies : le secret des cascades pleines
C’est le conseil contre-intuitif que je répète : si vous venez pour les cascades, l’hivernage est votre allié. De juillet à novembre, les pluies gonflent les rivières de Basse-Terre et transforment des filets d’eau en rideaux spectaculaires.
- Chutes du Carbet : la deuxième chute (110 m), accessible en 45 minutes de marche aménagée (entrée du site : environ 2,50 € par adulte), est deux fois plus impressionnante en septembre qu’en mars.
- Cascade aux Écrevisses : à 10 minutes à pied du parking sur la route de la Traversée, parfaite même avec des enfants, mais évitez de vous baigner après un gros grain — les crues éclair sont réelles.
- Saut de la Lézarde, bassins de Vieux-Habitants : pleins, verts, photogéniques.
La règle d’or de l’hivernage : partez tôt (les averses se concentrent l’après-midi), consultez la vigilance Météo-France chaque matin, et ne traversez jamais une rivière qui se trouble. La forêt du Parc national est alors d’un vert presque irréel, avec dix fois moins de monde qu’en février.
Plongee et snorkeling : les fenetres a connaitre
La réserve Cousteau, face à la plage de Malendure à Bouillante, se plonge toute l’année grâce à la Côte-sous-le-Vent abritée des alizés. Mais toutes les périodes ne se valent pas.
- Avril à juin : ma fenêtre favorite. Mer d’huile, visibilité de 20 à 30 m sur les îlets Pigeon, eau à 27-28 °C, et les clubs sont moins chargés qu’en haute saison. Baptême autour de 60-70 €, plongée exploration 45-55 €, pack 2 plongées souvent à 90 €.
- Décembre à mars : excellentes conditions aussi, mais réservez votre club 3-4 jours à l’avance ; c’est la grosse affluence. Bonus énorme : c’est la saison des baleines à bosse (janvier-avril), parfois entendues en plongée et observables en sortie dédiée (55-70 € la demi-journée).
- Septembre-octobre : eau la plus chaude (29 °C), mais visibilité variable après les pluies et risque d’annulation en cas d’onde tropicale.
Pour le snorkeling libre, les kayaks transparents au départ de Malendure (25-35 € les 2 h) restent une valeur sûre. Et ne zappez pas Petite-Terre : la réserve, accessible en catamaran depuis Saint-François (excursion à la journée autour de 95-120 €), regorge de tortues — les sorties tournent toute l’année mais s’annulent par houle d’est forte.
